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La face caché du digital learning

J’en ai assez d’entendre que le e-learning n’est pas suffisant pour apprendre ?

Et alors on ne fait rien et on critique.

Dans un monde où la valeur rare est le temps, comment peut-on encore rester sur ce type de position ?

Nous sommes tous déjà digitalisés. Qui peut se passer de son téléphone portable ? Qui n’a jamais posé une question sur google ? Qui ne profite pas des communautés quand il cherche sur tripadvisor le meilleur hôtel pour son projet de voyage ?

Qui ne veut pas aller vite ? gagner du temps ?

Bien sûr ,vous voulez du contact humain. Mais qui vous a dit que le e-learning était sans contact ?

La digitalisation touche aussi la formation depuis des années ; elle a permis de faire évoluer les vieux e-learning d’il y a 10 ou 15 ans vers du digital learning alliant plusieurs dispositifs : mobile learning , serious game, social learning , MOOC , classe virtuelle…

Tous ces dispositifs sont à distance et pourtant ça marche si on en a envie !

Bien sûr, cette transformation digitale n’est pas sans conséquence sur l’entreprise et son organisation, ses process, ses valeurs , sa culture .

Comment nos grandes entreprises, mastodontes des process lourds et encombrants, ralenties par une hiérarchie contrôlante et consommatrice de temps peuvent faire face à ce tsunami d’une rapidité et d’une violence encore jamais expérimentées ?

Comment faire évoluer nos vieux schémas de pensée pour ne pas se faire balayer ?

En fait, le digital fait voler en éclat le temps et l’espace. Nos repères sont sens dessus dessous.

Le digital, c’est donc bien plus que des outils technologiques.

C’est une vague sur laquelle surfer est complexe même pour les millennials dans leur environnement professionnel. La seule solution pour y arriver est de reprendre nos habitudes d’apprentissage de notre plus jeune âge ; Tomber pour apprendre à marcher, tomber pour apprendre à faire du vélo , tomber et se relever pour essayer de nouveau jusqu’à ce que l’on comprenne et qu’on réussisse. Apprendre à désapprendre ?

Mais sommes-nous anesthésiés ? Sommes-nous installés dans un confort qui nous a fait perdre le goût d’apprendre ? de partager ?

Eh bien, en ce qui me concerne, j’aime apprendre, et même plus que cela, j’ai besoin d’apprendre sinon je me ramollis, je m’affame et je perds ma capacité à avoir une vision globale de ce qui m’entoure. Comment faire face aux changements que nous vivons sans comprendre ce qui se passe ? C’est impossible sans apprendre.

La digitalisation permet d’apprendre de différentes façons. Elle met la connaissance à notre disposition, la simplifie pour nous permettre de la comprendre facilement.

Elle donne accès à des gens passionnés qui ont envie de progresser et de transmettre et non pas des experts qui gardent précieusement leur savoir par orgueil ou par peur.

Depuis plusieurs années je travaille pour comprendre comment vivre la transformation digitale dans une entreprise par l’intermédiaire du learning..

J’ai d’abord démarré par le e-learning et la conception bien entendu.

Il m’a fallu comprendre et adopter les outils techniques : les plateformes e-learning ( open source ou éditeurs) , les outils de conception gratuits ( powtoon, genially, …) ou ceux des éditeurs (comme storyline, VTS editor, Itysoft,… ) et leur production sous le fameux format scorm, pas très exploitable .

Revenir à la pédagogie a été une conséquence .

Mais cela ne suffit pas pour faire venir les apprenants d’une entreprise sur la plateforme e-learning sans passion pour motivation.

Alors , bien entendu , si on ne va pas au-delà de ce stade on reste sur la croyance que le e-learning c’est cela !

C’est en fait tellement plus !

Il s’agit de mettre en relation des experts avec les collaborateurs, qu’ils parlent tous le même langage et qu’ils prennent concience de ce qu’ils ont, pour les uns, à transmettre et, pour les autres, à apprendre pour gagner en efficacité et préserver leur énergie et leur temps dans un monde extrêmement instable et rapide.

Pour une entreprise qui a besoin d’accélérer son cycle d’innovation pour ne pas se laisser doubler par la concurrence, sa capacité à apprendre est primordiale.

Mais l’entreprise apprenante n’est pas la responsabilité unique de la formation ; elle signifie une culture de partage, de collaboration .

 

Si vous vous contentez d’apprendre sur un portail de formation, cele me paraît évident que vous vous sentirez seul et que vous vous lasserez ; vous aurez l’impression que ce n’est pas suffisant et peut-être même que vous perdez votre temps.

Il vous faut plonger plus profondément dans cette mer de connaissances pour découvrir la face cachée de l’iceberg.

Je me souviens d’un atelier à l’APEC sur les réseaux sociaux. Il était animé par Miss RésO  ! La plupart des participants objectaient qu’ils ne pouvaient pas contacter des personnes sur linkedin qu’ils ne connaissaient pas pour demander de l’aide afin de trouver un job.

D’où l’importance de cultiver son réseau, en effet. Et cela signifie encore une fois, partage, générosité, collaboration. Si vous voulez juste prendre, vous entrez dans une relation qui n’est pas juste ni pour vous , ni pour votre réseau .

Ainsi dans les entreprises, l’arrivée du digital demande de changer la relation avec les managers, la relation avec les collaborateurs , la relation à l’information : processus qui prend du temps.

Le digital doit permettre un partage authentique, une collaboration fructueuse et une autonomie pour s’organiser.

Et justement les outils du digital permettent de mettre en relation, d’organiser des projets, de communiquer facilement les informations.

Si l’entreprise ne fait donc qu’installer des plateformes e-learning, des outils de communication sans animer, ni changer son organisation, ses relations avec les équipes, elle reste au milieu du gué vers la transformation digitale ; elle reste sur un plan technologique .

Ne serait-ce pas dangereux ? Car ni les managers, ni les collaborateurs n’apprennent à utiliser les outils digitaux pour créer une réelle valeur et gagner le temps si précieux dont ils ont besoin.

L’insatisfaction progresse, les frustrations, l’incompréhension ne font que croître car tout le monde a l’impression d’être dans le noir.

N’oublions pas que l’entreprise a en plus une obligation d’employabilité.

Avec les Missnous testons des outils. Sincèrement, parfois nous galérons carrément.! Nous en abandonnons certains puis nous y revenons. Nous sommes continuellement en train de tester , de changer en fonction de l’évolution de nos usages.

Notre leitmotiv : comment être plus performante ? En fait, nous adorons travailler ensemble mais nous avons toutes des activités professionnelles prenantes qui nous passionnent et nous avons besoin de maîtriser notre temps et notre énergie si nous voulons conserver notre capacité à faire vivre ce blog.

Nous voulons aussi nous développer et être prête quand la vague va nous submerger.

Nous avons donc d’abord partager un blog : il a fallu apprendre à écrire , trouver notre style, puis apprendre à poster sur le blog avec sa technologie  ; Miss Mooc a joué le rôle d’animatrice, de facilitatrice. Il a fallu s’organiser ! Merci Miss MOOC pour ta patience !

Puis avec le temps , nous avons gagné en autonomie alors d’autres sujets ont émergé : comment savoir qui écrit quoi et quand ? Comment maximiser notre veille ? Comment rendre nos partages plus interactifs ? comment partager ce que nous apprennons aux autres Miss ?

Petit à petit, nous avons évoluer et appris à utiliser des outils de partage virtuel, des outils de conf call, des outils de gestion de projet, des outils de partage de veille . Et nous avons encore tant à apprendre.

Pourquoi cela marche ? Parce que nous faisons et testons pour aboutir à un but commun, développer  le blog Miss MOOC. Nous laissons le temps aux autres et nous sommes toutes là pour aider si besoin. Il n’y a pas de jugement sur qui sait faire quoi . Nous collaborons et partageons. Nous avons besoin de toutes réussir pour que le blog réussisse. 

Le rôle de la formation est donc bien plus grand que mettre à disposition des e-learning et de produire des modules de formation. il faut s’assoir à côté des stagiaires, des experts, partager avec eux, faire avec eux ; Il faut prendre le temps, créer des moments et des endroits d’apprentissage et de partage ( learning lab ; lunch and learn, learning coffee,…). Ensuite, à leur tour de partager ce qu’ils ont appris .

A cela s’ajoute la communication : faire savoir est aussi important que savoir-faire. Si personne ne sait que le savoir-faire existe, il ne sert à rien. Notre capacité à communiquer fait aussi partie de l’équation du digital learning .

Le rôle des managers est essentiel. Si vous repensez au rôle de Miss MOOC dans notre équipe de Miss, vous comprenez comment leur rôle doit évoluer.

Ils doivent créer des espaces temps qui permettent aux collaborateurs d’apprendre, de tester, de se tromper, de recommencer et au final de proposer un projet qui tient la route.

Pas de place pour la peur qu’un collaborateur ne dépasse les connaissances d’un manager . Le manager est un développeur, un facilitateur et pas un contrôleur du respect des process. Il a une vision qu’il partage et il engage l’équipe dans cette vision.

 

Oscar Wilde a écrit : « soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris ! »

Tout le monde est différent et tout le monde a sa place avec des qualités et des compétences différentes.

Le force du manager devient sa capacité à faire émerger de collaborateurs le meilleur d’eux-mêmes pour mener à bien un projet et cela même s’ils sont loin les uns des autres même s’ils sont dans des équipes qui se construisent et se déconstruisent.

Son rôle est de laisser émerger la créativité, l’innovation et non plus de contrôler. Le maître mot est lâcher prise et confiance.

C’est pourquoi ramener le digital à de la technologie pure et dure est très limitant.

Lancez-vous et testez la face cachée de l’iceberg !

En effet, sans avoir testé soi-même, il est impossible d’avancer dans la compréhension de la jungle des outils digitaux ; jungle qui peut nous paraître impénétrable.

Soyez humble , donnez vous le droit à l’erreur. L’essentiel est de ne pas refaire la même erreur. Fail but fail fast !

Ainsi une culture apprenante permet à l’entreprise de mener ses collaborateurs vers une transformation digitale réussie.

Créer des espaces temps pour apprendre, travailler ensemble, montrer l’exemple , faire expérimenter, faire preuve de transparence , développer un management facilitateur, autant de points qui sont associés au digital learning.

 

Source: https://miss-mooc.paris/2018/06/12/la-face-cache-du-digital-learning/

 

A propos Soufiane Chibi

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