Accueil / Education / POURQUOI FAUT-IL MOINS D’AFFICHAGES SUR LES MURS EN CLASSE ?

POURQUOI FAUT-IL MOINS D’AFFICHAGES SUR LES MURS EN CLASSE ?

POURQUOI FAUT-IL MOINS D’AFFICHAGES SUR LES MURS EN CLASSE ? Auteur : ​Juliette Lequinio

Alphabet, frise numérique, dates importantes, calendrier, anniversaires des élèves, dessins, photos, posters… Il est parfois difficile d’identifier la couleur des murs de la salle de classe tellement ils sont chargés !

Mais est-ce bien utile ? Retour sur une étude parue cette semaine et qui prouve l’impact de l’affichage de classe…

Le bon sens laisse croire qu’une information présente dans le champ de vision plusieurs heures par jour pendant plusieurs mois sera mieux comprise et intégrée par l’enfant. Les enseignants passent parfois de nombreuses heures à sélectionner, créer, imprimer des visuels aux couleurs et formats attractifs… Mais quel est l’impact réel sur les enfants ?

Hanley & al., dans leur étude intitulée “Classroom Displays-Attraction or Distraction? Evidence of Impact on Attention and Learning From Children With and Without Autism” montrent grâce à une technique de Eye-tracking et d’évaluation des scores d’apprentissages que les enfants sont plus distraits et apprennent moins bien en cas d’affichage visuel important chez les deux groupes d’enfants testés (neurotypiques et TSA). Cette affirmation est d’autant plus vrai chez le groupe d’enfant porteur de TSA.

En résumé, dans une classe chargée visuellement, les enfants “papillonnent” davantage !

​Qu’est ce que l’attention sélective visuelle ?

Prêter attention à ce que l’on est en train de faire à la première étape de l’apprentissage. Pour un enfant au cerveau en construction, l’inhibition des informations non pertinentes à la tache n’est pas automatisée. C’est une fonction cognitive qui se développe tardivement, et de façon incomplète chez les enfants aux développements atypiques (TSA, Dys, TDA/H : statistiquement, ils sont présents dans toutes les classes !).
L’inhibition est donc un élément à stimuler, mais pas en même temps que les apprentissages fondamentaux !

Pour mieux comprendre, faisons ce test…
Combien trouvez vous de soleil ?

Continuons l’exercice… Où est écrite la date ?​

Source : Pinterest

L’exercice cognitif ne consiste pas seulement à “voir” les soleils, mais surtout à “ne pas voir” les autres formes : imaginez le même exercice en enlevant toutes autres formes ! L’inhibition doit être efficiente pour réussir ce test.

Une classe doit cependant répondre à différentes contraintes, plusieurs fonctions, dans un espace limitée.  Céline Alvarez donne sur son site, et dans cette vidéo des pistes pour une délimitation des espaces “intuitive”, et sans surcharge visuelle. Appréciez l’ambiance !
Voici un article d’enseignant “plus classique”, qui donne des pistes pour raisonner les affichages. Et ici un mémoire qui apporte sa réflexion sur les supports visuels. Ils s’accorde sur le fait qu’en premier lieu, il faut dégager l’espace visuel, avant de commencer à afficher.

Personnellement, j’irais plus loin dans cette idée, notamment en proposant uniquement des affichages réalisés avec les élèves sous formes de “paperboard“, ou de poster aimanté : l’enseignant affichera uniquement lors de la matière ce support, et pourra le laisser pour le travail en autonomie.
Il est également possible de proposer aux élèves des “boxs” de travail individuel, qui limitent sensiblement les distracteurs visuels, permettant aux élèves de s’isoler pour mieux se concentrer sur le travail à réaliser.

Par exemple :
– pour la date sous forme d’étiquette, inutile de laisser visible les 7 jours de la semaine : l’enfant pourra choisir dans un classeur la bonne étiquette.
– L’alphabet ? Un poster à disposition des enfants, qu’ils pourront sortir lorsque c’est opportun…
– Les anniversaires des élèves? un calendrier qui sera consulté chaque lundi, puis rangé…
– Les étiquettes avec le prénoms des enfants ? Une couleur sobre (blanc) sera parfaite !
– Les mots de la semaine ? Ils seront d’autant plus visible s’ils sont les seuls affichés !
– Les oeuvres d’arts des petits élèves ? Pourquoi ne pas organiser des expositions temporaires dans la cantine ? Une autre solution peut aussi consister à les exposer contre la vitre, pour qu’ils puissent être visibles depuis l’extérieur, mais face cachée depuis la classe !

Enfin, pour les fans d’affiches, garder en tête quelques principes : pas trop, pas trop coloré, le roulement doit être très fréquent, uniquement ce qui est utile… Et les visuels doivent être percutants ! Pourquoi ne pas choisir “l’affiche de la semaine”, avec les élèves : la décrypter, la comprendre, puis la laisser visible, joliment encadrée ?

Auteur : ​Juliette Lequinio

Source :

http://www.juliettelequinio.fr/autisme-et-ergotherapie/pourquoi-faut-il-moins-daffichages-sur-les-murs-en-classe

A propos Soufiane Chibi

Voir aussi

Production écrite et difficultés d’apprentissage

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *