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Les méthodes de lecture

Ces trente dernières années, le débat sur le meilleur moyen d’apprendre à lire a plusieurs fois refait surface. Passage en revue des différentes méthodes qui ont été utilisées.

La méthode syllabique

L’enfant apprend d’abord à déchiffrer les lettres, puis les sons. Au fur et à mesure il va pouvoir distinguer les syllabes, les mots et composer des phrases. C’est le concept du « b.a.-ba ». Cette technique enseignée déjà dans la Grèce ancienne était au cœur de la méthode Boscher, qui a séduit de nombreux parents au XXe siècle. Elle a été beaucoup critiquée. Principalement parce que, selon ses détracteurs, l’enfant s’attachant à décrypter ne saisissait pas toujours le sens de ce qu’il déchiffrait.

Principe : l’enfant déchiffre tout d’abord les lettres (a, e, i, o, u, b qu’il prononcera “be…”, c qu’il prononcera “ke…”, etc.). Il apprend ensuite  les combinaisons de lettres liées à des sons : ou, an, oi, etc.

Cette démarche l’amène petit à petit à reconnaître les syllabes puis les mots avec lesquels il compose des phrases. On la décrit souvent comme la méthode du « b-a, ba ».

Avantages : Elle a été à l’honneur pendant des siècles. En effet, elle était déjà employée en Grèce ancienne déjà et permit d’apprendre à lire à des générations d’enfants. C’est une méthode qui repose sur la logique.

Inconvénients : C’est une méthode fastidieuse et difficile pour des petits qui veulent vite savoir lire. La compréhension passe au second plan. Du coup, certains enfants déchiffrent parfaitement  mais ne comprennent pas ce qu’ils lisent.

Par ailleurs, cette “combinatoire” est sujette à de nombreuses exceptions : ainsi la lettre C se prononce “ke” dans “cage” mais elle se prononce “se” dans “cerf” ou “cigale”.

La méthode « globale pure »

Il s’agit d’apprendre des mots entiers. Ses partisans partent du principe qu’un enfant retient mieux des mots ou des phrases qui ont une signification, contrairement à des syllabes. Mise en avant dans les années 1970, cette méthode a aussi été mise en cause, certains estimant qu’elle pouvait favoriser la dyslexie ou de la dysorthographie. En 2006, le ministre de l’éducation de l’époque, Gilles de Robien, a demandé aux enseignants de ne plus l’utiliser. Elle est peu à peu tombée en désuétude.

Principe : l’enfant apprend à lire en visualisant le mot dans son ensemble, c’est-à-dire “globalement”. Les méthodes globales partent du principe que l’élève perçoit mieux des ensembles organisés et signifiants (mots ou phrases) que des éléments sans signification (lettres ou syllabes).

Avantages : l’enfant photographie les mots, ce qui favorise le développement de sa mémoire visuelle et de son attention. De plus, la composition d’un grand nombre de mots n’obéit pas à des règles strictes. Il est donc préférable de les retenir par cœur au tout début. Très vite l’enfant est capable de lire des mots entiers. C’est une méthode incitative qui donne le goût de la lecture.

Inconvénients : Cette méthode relègue au second plan l’apprentissage du code et ne permet pas à l’enfant de comprendre comment il fonctionne. Elle nécessite un effort de mémorisation trop intense et certains enfants saturent.

L’approche mixte

Elle se fonde sur plusieurs des principes prônés par les méthodes globale et syllabique. L’enfant apprend quelques mots avant de passer au décodage syllabique. Cette pratique, très répandue aujourd’hui, présente aussi certaines limites : la mémorisation n’est pas facile pour l’enfant. Il arrive parfois que les élèves devinent les mots sans savoir les déchiffrer.

Principe : l’enfant commence par apprendre un petit nombre de mots issus de la mémorisation de courts textes. Il va ainsi appréhender le sens avant de déchiffrer les lettres. Cette première approche « globale » sert de point d’appui  au décodage “syllabique”. Celui-ci est effectué dans un deuxième temps, mais assez tôt quand même dans l’année scolaire.

Avantages : l’enfant travaille à la fois la reconnaissance des mots, du code et de l’écriture. On approfondit au CP ce qui a été appris “globalement” en maternelle, puis on apprend à combiner les syllabes. On alterne donc les méthodes globales et syllabiques.

Inconvénients : le travail de mémorisation demande beaucoup d’efforts au détriment de l’assimilation du code. Une fois les mots appris, l’enfant peut être tenté de deviner trop vite les mots qu’il lit sans savoir les déchiffrer.

Source :

http://www.la-croix.com/Famille/Education/Les-trois-principales-methodes-lecture-2016-04-07-1200751807
http://savoirlire.fr/apprendre-a-lire/apprentissage-ecole/typologie-des-methodes-de-lecture

A propos Soufiane Chibi

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