La faiblesse de résultats

La faiblesse de résultats constatées au fil des dernières années dans les performances écrites nécessite un ensemble d’amendements qualitatifs qui porte sur les contenus méthodologiques et didactiques mis en œuvre pour l’enseignement de l’écrit. Sur le plan méthodologique, la notion de la compétence de communication, pierre angulaire du système éducatif, exige un effort de clarification à charge d’évacuer l’opposition factrice qui semble séparer cette compétence de la compétence linguistique. En effet, la communication ne se réduit pas à l’oralisation. Elle couvre toute la panoplie des moyens qu’utilise une personne pour entrer en contact avec autrui. Elle est aussi écrite et englobe, de ce fait, la compétence linguistique. Tant on apprend à maitriser le système de codage (les graphismes) ses normes syntaxiques, morphologiques et stylistiques, tant on développe une véritable compétence de communication. C’est-à-dire que la compétence linguistique s’inscrit dans le domaine de signification de la compétence de communication et doit reprendre la place qui lui revient dans le processus général de l’apprentissage par les disciplines de l’écrit (grammaire, orthographe, conjugaison…). À ce point, on peut dire que l’apprentissage de l’oral et fortement lié à l’apprentissage de l’écrit et toute discipline d’écrit passe forcément par des moments oraux. D’où l’intégration de l’oral et l’écrit demeure une vérité en classe. Pour révéler cette vérité, il est nécessaire de parler sur les pratiques pédagogiques des enseignants et le rôle qu’ils jouent dans les classes pour dispenser un apprentissage de qualité et abaisser la complexité de l’acte d’écrire chez les apprenants. Écrire, c’est d’abord être seul pour se dédoubler ; c’est aussi ramasser son savoir, mobiliser ses pouvoirs et définir son vouloir. L’acte d’écrire apparait alors comme une combinaison entre des opérations complexes et des paramètres multiples et différents. Autrement dit, pour écrire, l’élève doit, par-delà la motivation première et radicale, avoir quelque chose à dire, l’élaborer puis le traduire en usant du code conventionnellement reconnu.
L’effort qui lui est donc demandé comporte :
* L’identification de ses impressions ou de ses intentions en informations correctes, claires, concises et originales.
* La formations de ces idées de manière organisée et compréhensible, donc accessible à autrui.
Le rôle de l’enseignant consiste donc à apprendre à l’élève à combiner ces différentes composantes. Voilà en quoi consiste l’effort essentiel d’un enseignant savant, technicien et bien plus réflexif. Un enseignant qui est capable de réfléchir aux suivis des élèves dans la durée, dans et hors de classe. Un enseignant qui scolarise son expérience au rythme d’apprentissage de ses apprenants. Un enseignant conscient que chaque élève apprend un peu à sa manière. Un enseignant qui garantit l’égalité des chances à tous ses élèves et permet à chacun d’entre eux de progresser selon son rythme et ses potentialités en respectant dans la mesure du possible, le rythme de chacun en se montrant inventif et en mettant en œuvre des procédures pédagogiques à la fois rigoureuses et variées aux apprenants pour tirer le maximum de profit. À ce propos, notre problématique est la suivante : « En quoi les expériences personnelles et professionnelles de l’enseignant contribuent-elles à la construction du savoir ? »

Par Mohamed Oushfa

Professeur d’enseignement collégiale

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